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Timidité vaincue

Comment j’ai vaincu ma timidité… je suis maintenant à l’aise partout !

A 15 ans (en seconde), je me trouvais mal dans ma peau… J’ai alors décidé de ne plus être timide. Pour cela, de façon empirique, j’ai saisi toutes les occasions de me lancer :

Ma première tentative a été de me proposer pour faire un exposé en histoire (matière que j’aimais beaucoup) sur Talleyrand. J’ai découvert cet homme fascinant en lisant 3 livres différents sur lui et en tentant de faire une synthèse.

Le jour de l’exposé, le professeur, que j’aimais bien, m’a demandé de me mettre a à sa place, d’émotion, j’ai fondu en larmes, mais je l’ai fait : j’ai parlé devant toute la classe (25 personnes je crois). J’étais aussi responsable d’équipes dans différents mouvements de jeunesse. J’ai continué ainsi.

Puis en fac, un jour, en amphi de littérature anglais, le professeur, qui était aussi un auteur célèbre (Robert MERLE) a demandé des volontaires en littérature. Je n’ai pas pu choisir mon auteur, et il m’a donné Chaucer, un poète anglais de la fin du Moyen Age … Ce n’était pas un cadeau, parce que la littérature n’a jamais été mon fort (c’est la matière que j’aimais le moins en anglais, je préférais de loin l’histoire, la civilisation et la linguistique) mais j’ai accompli mon « pensum ». Le jour de l’exposé aussi, j’ai dû aussi me mettre à sa place, sur un bureau sur-élevé ! Et là ce n’était plus 25 élèves mais 300 dont certains étaient plus âgés que moi. De plus, il fallait faire l’exposé en anglais, je n’ai pas pleuré cette fois là (donc un progrès). J’ai parlé environ 20 minutes. Ce n’était peut-être pas l’exposé du siècle, mais j’étais très heureuse d’avoir surmonté ma peur et ma timidité.

Enfin, ce qui m’a définitivement guéri de ma timidité, c’est ma première vraie expérience professionnelle en Espagne, à 24 ans : je devais donner des cours d’anglais 10 heures par semaine à 2 groupes d’hommes plus âgés que moi. Je me souviens d’avoir eu le sentiment à l’époque d’entrer dans la  » cage aux lions « . Au début, je n’osais pas trop bouger. Je restais dans le fond de la petite salle où je donnais mes cours et je faisais des gestes de la main pour faire parler les apprenants.

Puis, un jour, vers mes 25 ans, je me suis dit « ça y est, je ne suis plus timide ». J’ai réalisé que cela m’avait pris environ 10 ans. Et j’avais réussi toute seule !

Plus tard, j’ai continué l’entraînement : en posant systématique la première question (que personne n’ose faire) quand j’assistais à une conférence ou à une table ronde. Je dois dire aussi que le fait d’enseigner, c’est-à-dire de parler devant des gens que je ne connais pas au début a bien consolidé mon entraînement. J’avais en général le trac une semaine avant de commencer un nouveau groupe, puis, l’habitude aidant, un jour, puis quelques minutes. J’aime relever ce défi et faire quelque chose qui me semble difficile (mais pas IMpossible !)

Le fait aussi de chercher du travail et d’aller à de multiples entretiens d’embauche m’a permis d’affiner mes techniques.

Avec l’annuaire au féminin, j’ai du prendre souvent la parole en public, l’une des occasions les plus importantes a été en 1987 lorsque j’ai organisé une grande manifestation au cercle « Directoire » à l’époque présidé par Brigitte de Gastines qui était alors la PDG de SVP. Il y avait plus d’une centaine de personnes.

J’ai aussi fait de nombreux stages de développement personnel et j’ai toujours continué à me perfectionner dans ce domaine.

Si bien que maintenant je peux parler devant 300 ou 3000 personnes ou encore plus, cela ne me gêne absolument pas. Mon secret : c’est d’être la plus naturelle possible, mais quand même de préparer un peu ce que je vais dire (soit mentalement, j’apprends par coeur quelques phrases et/ou mots clés, ou alors, je prends quelques petites fiches à la manière des animateurs Télé mais sans écrire de phrases – pour ne pas avoir la tentation de lire – ; ce qui est très soporifique pour l’auditoire).

En 2007, pensant proposer des séances à des jeunes femmes, pour ne plus être timide, j’ai acheté un livre que j’ai trouvé très bien fait  » fais toi confiance  » d’Isabelle Filliozat (avec laquelle j’avais fait un stage) et j’ai retrouvé dans ses conseils des  » trucs  » que j’avais mis en forme toute seule. Je me souviens que pendant un stage avec elle (2 jours suivi d’une journée après 2 ou 3 semaines), l’une des participantes avait dit à la fin  » je ne suis plus timide « . preuve que tout cela marche pour toute personne qui DÉCIDE de se prendre en mains.

Je suis un peu agacée quand certaines personnes disent « Je suis timide » et n’essaient pas de faire des efforts, comme si le fait d’être timide était un trait de personnalité qu’on ne peut pas changer et qui servirait d’excuse pour ne pas évoluer, ne pas trouver de travail etc

Mon côté « volontariste » me fait dire souvent que la seule personne sur laquelle on a un pouvoir absolu, c’est soi-même ! Il suffit donc de vouloir « vaincre sa timidité » et de faire des efforts réalistes dans ce sens pour s’en guérir. Mais tous les spécialistes s’accordent à reconnaître que cela va plus vite avec une aide ou en groupe (de parole ou de soutien). J’ai remarqué qu’il y a davantage de personnes en France que dans les pays anglo-saxons qui se définissent comme « timides ». C’est dommage de se « mettre des barrières dans la tête » comme je le répète souvent. Par contre, je suis récompensée par la jolie phrase que j’entends souvent à mon égard « C’est drôle, j’ai l’impression de vous connaître depuis longtemps », preuve que je sais AUSSI mettre les gens à l’aise.

Alors, timides de tous les pays, reprenez espoir !